SPELEOLIBRE


Salut

 

Rapidement un petit compte rendu des explos de la semaine passée sur l’Ereta.

 

Nous avons pu réaliser ce camp dans des conditions météo satisfaisantes et dans une ambiance chaleureuse ; nos amies les sorcières sont avec nous.

 

D’abord une pointe réalisée dans la branche la plus profonde du B112 qui a donné un résultat décevant puisque les puits deviennent boueux et étroits, cette branche a été momentanément abandonnée.

 

Vous savez que à la cote -250m nous avions pris pied dans un amont fossile de grande dimension, qui reste d’ailleurs a ce jour inexploré. Nous pouvons raisonnablement penser qu’il puisse s’agir d’une suite de l’aval du Démonios.

L’idée était de localiser la continuation aval de cette galerie, quelque part de l’autre côté du puits de l’OPPO.

La réalisation d’une vire a ainsi permis de donner une réalité à cette hypothèse ; ainsi nous avons pris pied dans un très gros paléo-drain,  avec au niveau dimensions, des largeurs moyennes de plus de 4m et des hauteurs dépassant souvent plusieurs dizaine de mètres.

La progression est lente car nous devons traverser des puits qui perforent la galerie, souvent au moyen de vires acrobatiques. En distance horizontale la progression n’a guère dépassée les 200m.

Mais la galerie est magnifique, souvent concrétionnée (possibilité de datation !!), souvent décomprimée aussi a cause des 3 facteurs principaux affectant la morphologie de ce type de galerie à savoir : 1 : grandes dimensions ; 2 : grand âge de creusement approchant peut être les 150000 à 200000 bp c’est pas impossible ; 3 : une tectonique augmentée à cause de l’altitude.

 

Il faut noter dans cette galerie un puissant courant d’air vers l’aval, sensible même dans les sections importantes, et véhiculant de grands volumes d’air mais on ne sait où, cela reste une énigme.

 

 

Ensuite une autre découverte assez intéressante : une suite à été trouvée dans la cavité notée B13 (grand marquage de peinture jaune assez ancien)

Nous avions reconnu cette cavité il y a 2 ans ; a la base du puits d’entrée d’environ 18m nous avions pris dans une galerie très largement encombrée de neige et de glace. Une reconnaissante vers l’amont nous avait permis de d’observer une galerie méandriforme, large de un à deux mètre de large, présentant de nombreuses marmites et formes d’érosion de type canyon, bref des traces de passages d’eau en grande quantité ; si je me souviens bien cette galerie s’arrête sur des trémies.

La reconnaissance vers l’aval avait du être interrompue par manque de corde ; cet aval semblait quand même moins engageant, le méandre étant souvent encombrée blocs et de glace ; il y avait un ou deux vieux spit en place ; nous n’avions pas atteint le terminus des espagnols.

L’année dernière nous n’avions pas eu le temps d’y revenir.

La semaine dernière, profitant d’une après midi vacante, nous avons décidé d’y revenir.



 

Ainsi,  à la cote -40m, le passage dans le méandre était interrompu par quelques blocs ; un courant d’air aspiré violant nous a motivé et une facile désobstruction manuelle de quelques minutes nous a livré le passage.

Jusqu'à -200m environ, une succession de petits puits, très larges toutefois, et des courts méandres peu difficiles, nous ont permis une exploration très excitante.

Le développement est avant tout vertical.

Cette cavité présente des signes d’un grand âge, (vielles concrétions, calcite recreusée …) mais est toujours parcourue par un actif par temps de crue.

Le courant d’air (vers l’aval) y est partout très fort, la température mesurée vers -100m est de 2,1°C.

 

 

Ainsi , ce camp 2009 sur l’Ereta, nous fourni des résultats très encourageant, toutes les découvertes ont été topographiées.

 

Les développements topographiés seront moins important qu’en 2008. Mais les perspectives, sont elles, tout aussi réjouissantes .

 

Nous pensons pouvoir réaliser une pointe sur le B13 (« baptisé » si l’on peu dire, Sima des Apostats) au mois de septembre ou début octobre, sur 3 jours. Car l’excitation de l’équipe est importante.

Il nous reste de l’eau sur place.




Mer 19 aoû 2009 3 commentaires
Une équipe de choc pour des résultats très encourageant ! y a plus qu'à suivre le courant d'air jusqu'à Fornos.
Renaud GUERIN - le 20/08/2009 à 13h30

Salut Renaud
on s'en rapproche, mais a se rythme, une vie ne suffira pas.

a+
Eric.

SPELEO LIBRE
Quoiqu'on ne puisse pas forcement exclure une accélération dans les prochaines séances d'exploration.La progression pourrait se simplifier; c'est d'ailleurs ce qui se passe si l'on analyse la facilité de progression croissante à mesure que l'on va vers le fond.

Ce qui nous a ralenti, outre la morphologie des conduits, c'est aussi la complexité de la cavité, avec ses nombreuses branches, que nous explorons sérieusement; c'est à dire en faisant un très bon équipement de suite,et en topographiant systématiquement; tout ça prend du temps car rien n'est fait à l'arrache. J'en suis personnellement très heureux.

Mais une ombre plane sur nous; le spectre de l'accident; nous ne sommes bien sur pas à l'abris, et l'on peut s'inspirer du principe on ne peut plus réaliste: "plus ça fait longtemps qu'il ne nous ai rien arrivé....et plus on se rapproche des futurs soucis..."

Toute opération de secours dans ce type de cavité serait de grande ampleur, et prendrait de toutes manières beaucoup beaucoup de temps.

L'éloignement, mais aussi la longueur des méandres qu'il faudrait élargir pour sortir une civière, un boulot de titans.

IL NOUS FAUT DONC IMPERATIVEMENT PREVOIR D'ATTENDRE LONGTEMPS avec 2 °C de température.

Prévenons au maximum les risques de crue et d'accident, à partir des régles de base:

- prise en compte de la météo: nous devons systématiser lors de nos camps une consultation journalière des bulletins.

- avoir toujours sur nous un minimum nous permettant d'attendre longtemps en cas de crue ou de pépin. Et là à mon avis nous ne sommes pas au top. Ainsi je propose de constituer un fond de kit point chaud pour chaque équipe en explo; il faudrait en prévoir 3.

3 modules très compacts et étanches, à trimballer partout sous terre, sans que ça ne soit trop chiant.

Je proposerai quelque chose de ce type bientôt, pour que nous puissions l'améliorer ensemble.

Paul
paul - le 23/08/2009 à 11h55
Question pratique ;-) : Est-ce que vous venez au rassemblement caussenard ?

Si je peux donner mon avis, pour le mini point chaud transportable, c'est une bonne idée je pense aussi. De notre côté, au C118 on a eu un coup de froid lundi avec Aline et Hélène, trempés jusqu'aux os, on a fait un mini point chaud avec nos survie et une sangle qui trainait. Pour faire bien et efficace, il nous a manqué, 1 survie + pinces à linge + ficelle + clous/calettes.
Après y a aussi l'idée du point chaud fixe monté dans un endroit stratégique de la cavité avec carbure, bouffe, trousse secours...encore faut il que l'incident/accident se produise pas trop loin !
Renaud - le 25/08/2009 à 19h27