Les résurgences pyrénéennes n’en finissent pas d’évacuer l’hiver. Et son épais manteau.
Saoulé par l’incessant tumulte de ces eaux encore si blanches et froides, comment ne pas songer à l’histoire de cet hiver si long, si généreux.
Les nombreuses chutes de neiges, les courts redoux, les tempêtes, les accumulations successives, répétés sans cesse jusqu’aux abondances Pascales.
L’histoire d’un hiver déjà presque oublié, dans les vapeurs des gorges, dans les versants ensoleillés et chauds du printemps.
Un été pour oublier l’hiver, le passé. A venir.
Ecrire à nouveau.
Où trouver en soi l’intime résurgence qui purge le passé, qui efface l’histoire.
S’affranchir enfin de cette conscience inutile et pesante, d’appartenance à une histoire de l’humanité.
La conscience de participer, forcé, à une triste histoire humaine, conscience de consommer la vie, de contribuer à la destruction de notre espace vital, de nuire plus ou moins activement à l’avenir sur cette terre de nos propres enfants.
Trouver cette résurgence, pour vivre sereinement, sans conscience néfaste, en sachant simplement profiter des bonnes affaires dans les supermarchés.
En sachant vivre comme un petit homme, comme une fourmi.
Sans les soucis idiots d’une conscience néfaste, en se fondant sans réserves dans l’époque, dans notre société telle qu’elle est, sans prétention de ne rien changer, sans lutter.
Affranchi de l’histoire, insouciant du futur. En se laissant aller dans le bain tiède du présent, naturellement.
Puisque les hivers passent.
Paul ou ce qu’il en reste.
A la force, à l’équilibre, merci à mon Ami Jean, qui m’a emmené en haut de la montagne.
Derniers Commentaires